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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 15:29

J'ai terminé ce livre récemment. Je l'avais commencé, puis abandonné très vite pour cause d'incompatibilité de style entre l'auteur et moi.

 Urgence de la situation traduite par des phrases longues, immensément longues, ponctuation haletante avec accumulations de virgules, je me sentais à bout de souffle au bout de trois pages. J'ai jeté l'éponge. ( d'après ce que j'ai pu en lire, le précédent livre de l'auteur Naissance d'un pont est à peu près identique, il me semble.)

 

Puis, je l'ai repris. Le style était toujours là. Mais j'y étais préparée. S'il me choquait toujours, il me choquait moins. Et au bout de la troisième page, j'ai été emportée par ce rythme particulier, différent du mien. J'ai cessé de lutter et j'ai suivi le mouvement. 

Ce bouquin m'a épatée. 

 

Je ne sais pas grand chose de Maylis de Kerangal mais elle est d'une précision technique quasi chirurgicale! Elle sait, je pense- moi je ne connais rien sur le sujet, de quoi elle parle. 

On suit pendant 24 heures la vie d'un coeur, de la mort à la greffe. De Simon à Claire. Tout est précis, détaillé, incisif.

Du chagrin désespéré des parents  à la culpabilité du receveur.

J'ai lu ce roman au moment où je retrouvais un ancien exemplaire du magazine Sciences humaines. Mon attention avait été retenue par un article sur la controverse à propos de dons d'organes. 

 

Dans cet article, en bref, on traitait du problème "éthique" de déclarer la mort non plus par arrêt du coeur, mais par arrêt des fonctions cérébrales ( bouleversement médical qui correspond, si je m'en souviens bien à la naissance du médecin qui constate les lésions irréversibles du jeune Simon). On réduit ainsi l'être humain à sa conscience. Celui que l'on a connu n'est  plus et ne sera plus jamais. Il n'est plus qu'un corps dépendant de machines. Mais avec un coeur qui bat, une poitrine qui se gonfle et s'abaisse, une peau rose et chaude ( dernière image de mon grand-père... souvenir de jeune fille, j'avais 17 ans). Vivant mais déjà mort. 

 

Il y aurait plein de choses encore à dire sur ce livre, dont la jolie façon dont l'auteur introduit les nombreux personnages, les détails qu'elle livre  sur leur vie personnelle ( le chardonneret, la dynastie de chirurgiens, les pizzas qui dégoulinent....)

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 18:58

J'ai terminé dimanche aprèm le tome 2 de cette saga en quatre tomes ( apparemment). 

Finir un roman, même si cela n'a pas été la passion foudroyante, c'est toujours un moment difficile.Dimanche,  j'ai eu du mal à embrayer sur autre chose ( j'ai toujours plusieurs livres en cours, pas toujours des romans d'ailleurs!). Là, pour le coup, j'ai eu du mal à quitter Elena ( Greco), l'amie de cette " amie prodigieuse", Lila.

C'est impressionnant, ce que la vie à Naples dans les années 50 et 60 pouvait être violente et difficile ( et encore, il est peu fait mention de la Camorra). Misérable, dans certains quartiers...

C'est dingue, les claques que pouvaient se prendre les filles ou les femmes.

C'est fou ce que les femmes avaient à faire, endurer, subir pour s'en sortir.

Mais Cat ne serait pas Cat si elle ne se trouvait pas au moins un point commun avec l'héroïne. 

J'ai été bouleversée par les derniers pages du roman ( pas les toutes dernières, un peu avant), quand Elena dit qu'elle ressentait, à fréquenter des étudiants venus d'horizons différents, de familles plus aisées, plus cultivées:

"l'inquiétude [...] de ne pas être à la hauteur, de dire ce qu'il ne fallait pas et de révéler combien j'étais novice et ignorante, précisément dans les domaines les plus connus de tous".

"J'aurais toujours peur : peur de dire ce qu'il ne fallait pas, d'employer un ton exagéré[...] de ne pas avoir d'idées intéressantes".

Elena ressent de façon très aigüe la difficulté, quand on vient d'une famille peu cultivée, où le débat d'idées n'a pas sa place autour de la table du dîner, d'évoluer au sein d'un monde différent. A quel point on peut avoir l'impression d'être entachée par sa naissance. A quel point tout le mérite du monde ne nous fera jamais entrer ( par la grande porte du moins) dans le cercle fermé des gens brillants. 

 

Je vous entends soupirer " Encore!". Eh oui, encore.... 

 

Le point positif, c'est que cela peut éclairer l'enseignante que je suis devenue. L'école élémentaire peut être d'une violence inouïe pour des petits élèves qui n'en possèdent pas les codes. Un levier d'action pour moi! Parce que ces codes, je les maîtrise. 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 12:21

J'ai relu hier Des vents contraires, qu'une copine m'a rendu. Je le lui avais effectivement prêté, je l'avais même oublié mais elle ne l'a pas lu en entier. Trouvant en effet le début déprimant, elle a préféré ne pas poursuivre. 

 

Ce livre n'est pas une ode à la joie de vivre et à la beauté de la vie. Amateurs d'histoires joyeuses, passez votre chemin. Ce serait dommage de le lire puis ensuite d'aller dire qu'il est nul. Non,il n' est juste pas écrit pour vous. 

 

Je l'ai relu. 

D'abord, parce que j'adore les histoires tristes. C'est comme les petits enfants qui aiment avoir peur à la lecture de contes de fées. Les histoires tristes c'est comme un antidote aux saletés que la vie peut inventer. Je me demande toujours ce qu'elle me réserve. Lire une histoire triste, ça me préserve ( pensée  idiote , c'est sûr qu'il n'en est rien) du malheur décrit dans le roman. ( Cela pose encore une fois la question - dont tout le monde se fout et c'est bien normal: déjà lu, c'est comme déjà vécu pour moi, ou est-ce histoire de me préparer au pire?)

 

Ensuite parce que j'aime relire les bouquins aimés. Une impression de temps qui ne passe pas. Je retrouve des amis, des sensations, des phrases et c'est comme si le temps arrêtait enfin sa course folle.

Enfin, parce que je voulais retrouver la trame, la fin de l'histoire qui se passe à Saint Malo, mon endroit préféré au monde ou presque. 

 

Paul Anderen ( on est à une lettre du conte de fées!) (sur)vit  ou plutôt existe  avec ses deux enfants depuis que son épouse s'est volatilisée voilà un an. 

Une vie qui se reconstruit sans happy end mais avec l'espoir d'être toujours debout et un style économe en virgules mais avec des phrases longues qui vous engluent dans la douleur de cet homme et sa difficulté à faire face au quotidien et à l'absence de celle qui l'avait fait naître pour de bon. 

 

Un moment de vie où les disparitions et les événements bouleversants se multiplient, où les destins se croisent, personnages cabossés par la vie et en proie à un monde normé assez hostile ( premier flic, à peine ébauché, et milieu scolaire....) qui renvoie à la solitude de celui qui vit un drame affreux. 

J'aime à croire que lorsqu'on traverse soi-même un événement traumatisant, on est "mûr" pour comprendre et aider ceux dans la douleur.

 

 

 

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 17:29

Tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile et les droits de l'homme s'effacent devant les droits de l'asticot. C'est de Desproges. Intemporel. 

 

Paragraphe entier

 

A la question peut-on rire de tout et avec tout le monde....

 

S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 12:10

J'ai entamé ce livre. Je suis en train de le lire. Il a fallu quelques dizaines de pages pour comprendre le titre énigmatique.

Quelle histoire!

Quand une enfant pourrie gâtée, capricieuse, immature et égoïste devient maman d'une petite fille, c'est vraiment la catastrophe. Ce roman, entre événements du passé et du présent, commence à l'heure où Eva fête ses 56 ans. A cette occasion, elle reçoit d'une de ses petites filles ( la plus secrète, celle qui ressemble le moins aux autres, celle qui perçoit sans doute le mieux sa grand-mère) un journal intime, décoré de roses, des fleurs particulièrement chères à Eva ( j’ai bien une idée de la raison de l'attachement d'Eva à sa roseraie, je verrai si j'ai raison).

Ce roman est captivant, mais dérangeant. Il explore les relations d'une fille et de sa mère, sous l'oeil d'un père débordé par la situation et qui laisse faire....la mise en place d'un jeu pervers dont la victime est une petite fille, et la décision pour sa survie que celle-ci va prendre....

Captivant. Je vous laisse, j'y retourne.

Les oreilles de Buster
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 19:50

Popcorngarage.....

66 titres de films à trouver par le biais d'objets- références disséminés dans un garage en foutoir. Je vous propose le lien pour changer de la traditionnelle séance cinéma du dimanche soir.

Au bout de 3 erreurs, le garage s'éteint, le défi est perdu et un texte très fin et très subtil s'affiche...

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 20:02

Mon blog ressemble à un catalogue de chansons ou de poèmes.

Je devrais me mettre à la guitare. Je regrette de ne point pratiquer la musique. Le chant me tente à nouveau. Qu'il ets ennuyeux de n'avoir qu'une seule vie ( et déjà très entamée). Je n'aurais jamais le temps de tout faire.

Je me suis déjà inscrite au cours d'italien... One step at a time.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 19:52
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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 18:14
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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 20:08

On aurait pu croire qu'avec la rentrée, j'aurais moins de temps pour lire ( mon activité préférée). Eh non, c'est même le contraire. Cette reprise est dure, franchement et seule la lecture me permet de me changer les idées.

Grâce à Frédérique, j'ai eu quelques romans à me mettre sous la dent.

J'ai lu les deux romans d'Agnès Martin-Lugand, dont le nom me fait penser à Delphine de Vigan... les couvertures de livres également.....

Franchement, qu'en ai-je pensé? Pas beaucoup de bien. Très vite lus. Un manque d'épaisseur..... Cela dit, ils ont bien remplis leur rôle, ces bouquins : me distraire et m'empêcher de penser que nous n'étions que mi-septembre, même pas.

Lectures de septembre
Lectures de septembre

J'ai également lu une des Vies en mieux d'Anna Gavalda, celle de Billie. C'est confirmé, je n’aime pas le style d'Anna Gavalda. Ses histoires, oui...mais sa façon de les mettre en mots, non.

J'ai lu aussi Juste avant le bonheur, d'Agnès Ledig. Histoire triste. Avec quelques invraisemblances qui m'ont empêchée d'entrer dans l'histoire de cette jeune maman qui perd son enfant ( il n'y a pas de mot pour cela, orpheline d'enfant).

Je me rends compte que je deviens une lectrice très critique, difficile à contenter.... Que j'ai besoin de jolis mots et de belles et longues phrases.

Je me console avec L'Abyssin de Jean Christophe Rufin, dont j'avais adoré Le grand Coeur et la première des Sept histoires qui reviennent de loin.

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